Hormone de croissance dosage : repères chez l’enfant, ajustement chez l’adulte et surveillance à ne pas improviser
État de l'information au 6 septembre 2026. Les valeurs de référence et les recommandations des sociétés savantes bougent : vérifiez cette date avant de vous fier à la fiche.
Le dosage de l’hormone de croissance ne se résume jamais à une dose standard. Il dépend de l’âge, du poids, de la surface corporelle, de l’indication, du type de molécule utilisée et de la réponse clinique. En pratique, ce traitement relève d’un suivi spécialisé, avec des ajustements réguliers pour vérifier à la fois l’efficacité et la tolérance.
Ce que signifie vraiment “doser” l’hormone de croissance
Dans le langage courant, on parle souvent de dosage pour désigner la quantité injectée. En endocrinologie, le terme recouvre aussi l’évaluation biologique de l’axe GH, avec l’hormone de croissance, l’IGF-1, l’IGFBP-3 et les tests de stimulation. Cette distinction compte, car un taux isolé de GH reste difficile à interpréter.

Pourquoi la GH basale est peu utile seule
La GH est sécrétée de façon pulsatile, avec des variations importantes au cours de la journée. Un prélèvement “bas” ne suffit donc pas à conclure à un déficit. Les médecins s’appuient plutôt sur le dosage de l’IGF-1, parfois de l’IGFBP-3, et sur des tests de stimulation lorsque le déficit en hormone de croissance doit être confirmé.
Les examens qui cadrent la décision
Chez l’enfant, l’évaluation ne repose pas uniquement sur une prise de sang. Elle associe la courbe de croissance, l’âge osseux, le contexte familial et, parfois, une IRM de la région hypothalamo-hypophysaire. Certains repères alertent : vitesse de croissance < 6 cm/an avant 4 ans, < 5 cm/an entre 4 et 8 ans, ou < 4 cm/an avant la puberté. Un écart de taille ≥ 3 écarts-types sous la moyenne, ou ≥ 1,5 ET sous la taille mi-parentale, peut aussi orienter le bilan.
Dosage chez l’enfant : une logique de croissance suivie dans le temps
Chez l’enfant, le traitement vise à corriger un déficit ou certaines indications validées, tout en respectant le rythme de croissance. Le déficit en GH concerne environ 1/4 000 à 1/10 000 enfants, et peut être isolé ou associé à un hypopituitarisme plus large.

Repères posologiques utilisés en pédiatrie
Les schémas varient selon la spécialité et l’indication. Pour une somatropine quotidienne, un repère souvent retrouvé est de l’ordre de 0,035 mg/kg/jour. Certaines situations utilisent aussi des doses exprimées en surface corporelle, par exemple 0,07 à 0,1 mg/m2/jour. Pour un schéma hebdomadaire comme le somapacitan, la dose pédiatrique peut être exprimée à 0,14 mg/kg/semaine, avec injection sous-cutanée une fois par semaine.
La réponse attendue ne se juge pas en quelques jours
Le suivi se lit sur plusieurs mois, pas sur quelques injections. La vitesse de croissance, l’évolution de la taille sur la courbe, l’âge osseux, l’IGF-1 et la tolérance donnent une image plus fiable que la seule perception immédiate. Dans l’étude Real 4, menée sur 52 semaines, la vitesse de croissance annuelle rapportée était de 11,2 cm/an avec le somapacitan contre 11,7 cm/an avec NORDITROPINE, soit une différence de -0,5 cm/an. Cette donnée montre bien pourquoi l’efficacité se juge dans la durée.
Dosage chez l’adulte : commencer bas, ajuster progressivement
Chez l’adulte, le traitement substitutif ne poursuit pas le même objectif que chez l’enfant. Il vise la correction d’un déficit somatotrope confirmé, avec une attention portée à la composition corporelle, à l’énergie, aux lipides, au glucose et à la qualité de vie.
Des doses initiales volontairement prudentes
Les doses sont généralement introduites progressivement. Un repère d’initiation mentionné pour certains traitements quotidiens est de 0,1 à 0,3 mg/jour, soit 0,3 à 0,9 UI/jour. L’ajustement dépend ensuite de l’IGF-1, de l’âge, du sexe, des effets indésirables, des traitements associés et du terrain métabolique. Une dose maximale peut être limitée, par exemple à 1,0 mg/jour selon le produit et le profil.
Le cas des traitements hebdomadaires
Les spécialités à injection hebdomadaire changent la pratique. Elles réduisent le nombre d’injections, mais demandent une vigilance particulière sur le jour d’administration, la dose délivrée et les oublis. Dans Real 1, sur 34 semaines, l’évolution du pourcentage de masse grasse tronculaire a été de -1,06% avec le somapacitan contre +0,47% avec placebo, soit une différence de -1,53, IC95% [-2,68 ; -0,38], p = 0,0090.
Formes disponibles, stylos et fréquence d’injection
L’hormone de croissance s’administre par voie sous-cutanée, le plus souvent avec des stylos préremplis multidoses. Les différences entre produits portent sur la molécule, la concentration, la fréquence et les paliers de dose disponibles.
| Situation | Exemple de schéma | Points pratiques |
|---|---|---|
| Somatropine quotidienne | Injection sous-cutanée chaque jour | Dose souvent ajustée au poids, à la surface corporelle et à l’IGF-1 |
| Somapacitan hebdomadaire | Injection sous-cutanée 1 fois par semaine | Adaptation selon l’âge, le poids, la réponse et la tolérance |
| Stylos préremplis | Présentations 10 mg/1,5 mL et 15 mg/1,5 mL pour certaines gammes | Doses délivrables de 0,05 mg à 4 mg ou de 0,10 mg à 8 mg selon le stylo |
Un détail souvent sous-estimé est la concordance entre la prescription et le geste réel. Si la concentration du stylo, le palier choisi, l’aiguille ou le site d’injection ne correspondent pas, la dose reçue peut être différente de celle attendue. Vérifier l’unité affichée, purger si la notice le demande, varier les zones d’injection et utiliser des aiguilles compatibles, souvent 30 G à 32 G et 4 mm à 8 mm, fait partie de la sécurité du traitement.
Surveillance et erreurs à éviter
La surveillance est le garde-fou du dosage. Elle associe examen clinique, croissance chez l’enfant, signes de rétention hydrosodée chez l’adulte, paramètres métaboliques et bilan endocrinien. Les contrôles peuvent être rapprochés au début puis espacés, souvent dans une logique de suivi à 6 à 12 mois, selon le contexte.
- IGF-1 : marqueur clé de l’exposition au traitement, à interpréter selon l’âge, le sexe et parfois l’âge osseux.
- IGFBP-3 : particulièrement utile chez les très jeunes enfants, l’IGF-1 étant peu discriminant chez les < 5 ans.
- Glucose et lipides : la GH influence le métabolisme, d’où un suivi biologique régulier.
- Fonction thyroïdienne : à contrôler, car un déséquilibre thyroïdien peut modifier la réponse clinique.
- Sites d’injection : à alterner pour limiter le risque de lipoatrophie locale.
Les principales erreurs consistent à modifier la dose sans avis médical, comparer deux stylos comme s’ils délivraient les mêmes paliers, interpréter une GH basale isolée ou juger l’efficacité trop tôt. Le bon dosage d’hormone de croissance n’est donc pas une valeur fixe, mais un équilibre suivi, documenté et réajusté.







